Certes, Mojacar, en Andalousie, ce n’est pas à côté. Qu’à cela ne tienne, on partira un peu tôt. A 5h00, ce samedi 22 avril, tout le monde est à l’heure. La veille, Fabien, Géraldine et Valérie sont déjà partis avec le fourgon et tous les vélos. Ils feront le voyage en deux jours, tout comme Guy et Martine qui s’arrêteront chez des amis à Barcelone. Le reste est regroupé en trois voitures. Voyage sans problème avec un arrêt à Sagun pour le repas. Arrivée vers 17h00 : sur place, Christophe et Anton, qui sont là depuis mercredi, nous accueillent. L’établissement est superbe, chambres spacieuses avec chacune deux lits de 140, vue sur mer, terrasse, trois piscines, dont une couverte, spa, sauna, etc …..

On décharge les vélos qu’on installe au garage. D’entrée, nous devinons le professionnalisme de l’organisateur du stage, KORTWEG : garage dédié, supports vélos, atelier, station de lavage….., tout y est. En prime chacun reçoit un petit sac avec bidon, tour du cou, ravito. A l’extérieur sont alignés les trois véhicules d’assistance qui nous suivront toute la semaine avec tout le nécessaire, roues, pneus, outillage, ravito…. Sincèrement, difficile de faire mieux. L’impression d’être traités comme des pros !!! D’ailleurs, l’un d’eux, échappé lors du dernier paris-Roubaix, en “convalescence” après une chute, roulera une partie de la semaine avec le groupe 1 pour le plus grand plaisir de Fabien !

Le dimanche, vers 10h00, petite sortie entre nous sous la conduite de Christophe et Anton qui nous font découvrir les routes du coin, sur le littoral. Peu de voitures, un revêtement parfait, ça monte, ça descend, on longe la mer, que du bonheur. L’après-midi, re-belote, avec ce coup-ci nos 50 amis flamands qui sont arrivés entre-temps : on constitue les groupes, les capitaines de route jaugent le niveau de chacun. Ça visse un peu, on s’amuse, ça promet pour la semaine.

Le lundi, le stage commence vraiment : chacun a son groupe. Un quatrième a d’ailleurs été constitué pour s’adapter au niveau de nos filles. Tout le monde va ainsi y trouver son compte. Fabien est dans le 1 où Dominique le rejoindra en fin de semaine. Guy et Daniel dans le 3, le reste dans le 2.

Une centaine de bornes ce jour-là. Dans le 2, nous, les méridionaux, découvrons alors la rigueur des flahutes : Notre capitaine de route tient parfaitement le groupe, impose un bon tempo, régulier, sans à-coup. C’est vrai qu’il y a pas mal de kilomètres qui nous attendent, va falloir tenir toute la semaine. Trois fois toute de même, il nous “lâche”, laissant chacun rouler à sa guise. Et là les flamands nous testent, ça visse dur, on serre les dents, mais ça tient ! Il y aura toujours un maillot rouge dans le premier groupe. Les routes ? du billard ! Rien à voir avec les routes gardoises ! A l’arrivée, 30 de moyenne, sans presque s’en rendre compte, et un bon repas : le resto reste ouvert juste pour nous, quelque soit notre heure d’arrivée ! Un buffet, copieux, varié et de qualité. ce sera comme ça toute la semaine.

Le mardi, c’est parti pour 130 bornes. C’est couvert, y a du vent. D’entrée une bosse de 4 km fait mal aux jambes. La descente, sur une route pourtant parfaite, se révèle dangereuse avec ces rafales qui nous secouent violemment par moment. Prudence pour tous, on se regroupe en bas. Pas de casse, tout va bien. Suivent 40 bornes sur une route vallonnée, qui nous semble réservée, avec un vent qui nous pousse agréablement : un moment magique ou chacun se sent des ailes ! Le compteur oscille entre 40 et 50 sans difficulté. Finalement c’est fastoche le vélo ! Mais tout a une fin, après un arrêt bistrot, un changement de direction et les contreforts du col à venir nous ramènent à la raison. Va falloir baisser la tête et s’entraider, sinon on n’arrivera jamais en haut de ce Nijar ! 13 bornes quand même ! Dominique,  notre grimpeur, a accroché le premier groupe. Ils sont 4 à faire danser facile la selle là-bas devant.  Je me retrouve en serre-file, seul avec un hollandais peu enclin à m’aider. Il y a un groupe de 7/8 à cent mères derrière, avec Laurent, Christophe et Anton. Je me relève pour les attendre. Bien m’en a pris car on fera toute la montée vent de face et les relais seront les bienvenus. Au sommet, on bascule direct, le ravito nous attend un peu plus bas. Le vent, toujours aussi fort, nous empêche de vraiment apprécier la descente. Regroupement, le capitaine de route reprend ses troupes en main. Finalement, on est bien content de rester dans sa roue…. Dernier lâché de taureaux en bas du village de Mojacar où on laisse nos ultimes cartouches ! Allez, on rentre tranquille. Mais le ciel se couvre de plus en plus…..

Mercredi : la météo ne s’était pas trompée : il pleut, et bien !

Jeudi : idem ! Quand on sait qu’il pleut en moyenne 25 jours par an, c’est vraiment pas de bol !

Pas facile alors de s’occuper. On ronge notre frein en allant visiter les vélocistes du coin, pour rester dans le bain.

A ce sujet, bravo à eux : pour chaque achat, quel qu’il soit, un bidon offert à chaque membre du groupe….

Piscine, jacuzzi, billard, balade sur la plage entre deux grains, y a quand même de quoi s’occuper.

Vendredi, déjà ! Ouf, il fait beau. pas de vent, la mer est superbe. Départ 9h00. C’est parti pour 150 km. Une trentaine de bornes avant la première bosse. Chacun la monte à sa guise. Laurent est devant moi, l’homme est en forme…. Les routes sont toujours aussi belles, mais comment font-ils ? S’ils ont un truc, il faudra le donner au président du département  du Gard ! Descente sympa, en groupe. En bas, arrêt ravito et grosse frayeur rétrospective pour moi : mon pneu arrière, pourtant peu usé, est déchiré en partie et déformé en deux endroits : je n’aurais pu descendre 500 m de plus ! Changement de pneu et c’est reparti. On continue à s’enfoncer dans les terres en serpentant au milieu de milliers d’orangers, citronniers, oliviers. le vert des vergers détonne avec l’aridité du reste. On s’approche doucement du grand col du jour, celui des vierges, 13 km. La pente est régulière, entre 5 et 7%. Pas une voiture, une vue magnifique de part et d’autre. Chacun monte à sa main. Laurent confirme sa bonne forme, je le laisse partir. Je garderai son maillot en point de mire toute l’ascension.  Je reprendrai un à un quatre flamands, partis sûrement trop vite, mais pas lui. Peu à peu le ciel se couvre, il gronde même. Arrivés en haut, pas le temps d’attendre tout le monde. Il fait froid et quelques grosses gouttes nous incitent à redescendre vite vers le soleil. On attendra en bas. On se regroupe. Pour rentrer, Hervé est descendu comme une balle. Nous n’avons pu en faire autant, le capitaine de route  nous freinant constamment, soucieux probablement d’éviter toute chute. Un peu frustrant quand même….  Allez, plus que cinquante bornes. Faux plats descendants, quelques coups de c…. vite avalés et voilà déjà à nouveau le village de Mojacar. Ce coup-ci, la bosse ne surprend personne et Jean-Luc finit là-haut dans le trio de tête, frais comme un gardon !

Arrivée, déjà. On remise les vélos presque à regret, c’était la der de la semaine….

Le soir, dernier repas, chacun refait sa sortie, la douleur, les crampes, les coups de mou, tout est vite oublié ! Ne reste que les bons moments, cette belle sensation de filer comme le vent sur ces routes de rêve….

Le samedi, retour sans encombre pour tous…

Dis Fabien, c’est quand qu’on y retourne….

Denis